Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /Mars /2008 00:40
 
 
Vingt quatre heures d’une vie, trop courte, trop brève. Les deux. Les vingt quatre heures et la vie… Ces moments que rien ne retient. Pas même la menace d’un avenir incertain. Les minutes glissent comme les grains dans le sablier, indifférents à la souffrance de ceux qui les observent. Hautaines, condescendantes, cruellement distantes vis-à-vis de son urgence. On observe cette hémorragie du temps, qui nous rappelle la vie qui s’évanouit de plus en plus vite.
 
On n’a qu’une vie. Triste lapalissade, lieu commun, sujet favori des mortels dont la philosophie est pauvre. Ce sujet et la météo.
 
On n’a qu’une vie. Courte. Trop courte. Avant même d’arriver, on nous bouscule. Pas le temps de le prendre, notre temps, pour venir au monde justement. Déjà on nous pousse vers des moules préfabriqués. Trop petit ? Trop grand ? Qu’à cela ne tienne. A nous de nous y adapter. Quelques retouches au détriment des misérables séditieux qui se croient tout permis. Ils n’ont qu’à bien se tenir.
 
Le cauchemar se poursuit. A l’école où la moindre différence nous projette hors des rails de l’hégémonie des solipsistes. Ceux là ne doutent jamais de rien. Le monde du travail se charge de nous happer avec une cinglante cruauté. Vacuité abyssale entrecoupée de brefs hiatus appelé « vacances ». Cette ode au repos, à la consonance musicale trompeuse, nous enfonce encore plus dans le limon du bonheur artificiel.
 
Croire que la lumière qui brille au bout du tunnel est la lueur de notre renaissance. Pitoyable supercherie destinée à nous maintenir dans notre rassurante vie sans surprise.
 
Puis un jour, le réveil de notre retraite sonne sur le mode « alarme ». Nous essayons de mouvoir notre esprit meurtri, lourd comme un lendemain de fête. En vain. Notre âme valétudinaire ne consent plus à obéir aux ordres de cet ivrogne de volonté qui n’a jamais rien voulu exécuter. La bouche pâteuse et l’esprit brouillon, nous fouillons les vestiges d’une ruine qui fut jadis velléitaire. Las de ses jérémiades qui sont les nôtres, nous fermons les écoutilles pour observer, la gorge serrée et le ventre noué, le sablier de notre vie. Nous nous remémorons cette époque bénie où il était davantage rempli de sable en haut qu’en bas.
 
Les yeux mouillés, nous nous surprenons, VRP de la vie, à dispenser des conseils à ceux qui viennent tout juste de poser leur sablier sur la table. Si Jeunesse savait, si Vieillesse pouvait… Ceux là même qui nous regardent et ricanent, gonflés de l’effronterie de leur jeunesse.
 
Ils ont sûrement raison. On n’avait qu’à pas rater le train de la vie qui est pourtant si ponctuel lui.
 

 

Par La Chieuse - Publié dans : Philosophons
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