Pour la quatrième année consécutive, me voilà armée d’une invitation nominative à l’inauguration du salon du livre.
Je m’étais pourtant jurée de ne plus jamais remettre les pieds dans cette caricature d’un monde pseudo intellectuel regroupant tout ce que Paris contient de pique-assiette venu se laper une coupe de champe et trois petits-fours Lenôtre aux frais de la princesse Edition.
Sauf que cette année l’invitation émanait d’une prestigieuse maison d’édition, doublée d’une autre invitation orale d’un confrèro-ami, que je ne pouvais refuser. Aussi me voilà en ce jeudi 13 mars 2008 douchée, pomponnée, récurée, maquillée et habillée soft pour aller à cette soirée inaugurale.
J’aurais dû me méfier de mon fameux sixième sens… Mais lisez plutôt…
Pour commencer… Je décide de cuisiner des pâtes au saumon pour ma progéniture. Or qui dit pâtes au saumon, dit : faire revenir des oignons dans une poêle, huilée de préférence. Avez-vous déjà senti l’odeur de graillon provenant d’oignons émincés frits ? Non ? Alors je vous invite à aller renifler au dessus de la casserole et on reprend la conversation après. Ayé ? Vous avez à présent une vague idée de la délicieuse odeur de la marmitone de la cantine de la maison d’arrêt de Fresnes que je dégage. Donc me revoili revenue à la case départ. Changement ultra rapide de vêtements, y compris des sous vêtements eu égard à la fragrance graisseuse qui s’échappe de mon 90C à chacun de mes mouvements respiratoires.
Petit sprint jusque chez ma libraire préférée Livres Première pour un papotage en vue d’une future séance de signature, suivi d’un deuxième sprint jusqu’au tramway qui relie la Porte d’Ivry à la Porte de Versailles/Palais des expos.
Deuxième contretemps : non seulement je n’ai que les tickets demi-tarif de mes enfants mais en plus la machine n’en veut pas. Elle les recrache avec un sifflement strident. Comme ça, s’il y a encore trois pékins qui n’ont pas remarqué que nous n’avons pas de tickets, ils sont mis au jus dans la foulée.
Une dizaine de freinages intempestifs plus loin, nous voici donc arrivés à destination. On se croirait à un concert de Tokyo Hotel, rapport à la foule qui se presse contre les portes vitrées du Hall numéro 1. Les plus prévoyants se sont armés de parapluies et de patience. Les autres… Et bien les autres se retrouvent propulsés dans un épisode de la quatrième dimension dans des otchérédes* dignes de l’ex Union Soviétique. Les portes du salon du livre sont définitivement closes alors que nous avons été invités pour 19H00 précisément. Ou peut-être devrais–je parler de convocation, cela me semble plus approprié, eu égard à l’ambiance ascétique qui règne sur le plateau extérieur.
Après quarante minutes d’attente sous la pluie, nous ressemblons désormais tous à des chats de gouttière qu’on aurait essayé de noyer dans la Seine. Lunettes embuées, cheveux plaqués sur le sommet du crâne, manteaux dégoulinant d’eau, claquant des dents et mourrant de soif, un mouvement de foule nous fait présumer qu’une porte se serait ouverte. Un Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah collectif de soulagement accompagne cet espoir. Alors que nous nous précipitons comme un seul homme vers ce goulot d’étranglement, la porte se referme sadiquement, nous invitant à patienter encore quelques minutes avant d’atteindre le Nirvana.
Avec mon cher confrère, nous nous précipitons vers le stand de son (et mon hypothétique futur) éditeur où une coupe d’un très bon champagne nous réconcilie avec la vie. Nous serrons quelques pinces, causons nombre d’exemplaires et autres chiffres à caractère artistique. Puis je file faire la tournée des grands ducs, parce qu’il ne faut pas croire, mais mine de rien, depuis quatre salons, c’est que je commence à avoir mes habitudes moi ici.
Un dernier regard attendri à la vue des néophytes qui font là leur entrée dans le monde littéraire. Ça doit être l’intitulé « soirée d’inauguration » qui leur a inspiré leur robe dont le bling bling n’a d’égal que le ridicule dont elles se sont affublées.
Et voilà …. Encore un salon du livre de passé, emportant avec lui mes rêves qui s’évanouissent comme autant d’étoiles filantes dans le firmament des grimauds dont je ne désespère pas de sortir un jour.
* Otchéréde = looongue queue en russe
Que celle ou celui qui n’a jamais souffert de migraine quitte ce blog…Je viens pleurer ici sur ces fichues céphalées unilatérales qui pourrissent mes nuits, mes jours, mes nuits et aussi mes jours, sans oublier mes nuits, et mes jours…
On parle volontiers de migraines cataméniales… Bon ok mais si elles sont si cataméniales que ça, quelqu’un pourrait il leur expliquer à ces scrogneugneux de migraine que le cycle de la femme se calque, à peu de choses près sur celui de la lune, soit peu ou prou 28 jours. Il est donc inutile, voire dangereux de venir la faire chier en dehors de la période péri-menstruelle. Car voyez vous la migraine est sournoise, elle se tapie là dans un coin de votre boîte crânienne et comme elle n’a rien d’autre à faire, elle attend.
En ce qui me concerne, à ce stade, je suis généralement à un moment de ma vie qui n’appelle aucunement à quelque migraine que ce soit. J’ai bien dormi, mangé léger, je suis de bonne humeur, les moutards ne m’ont pas explosé à la figure comme le baril de nitroglycérine qu’ils imitent à la perfection, je ne me suis pas envoyée quarante douze Frozen margharita la veille (d’ailleurs je ne bois pas, je ne fume pas mais qu’est-ce que je… mange comme chocolat hahaha).
Donc disais-je aucun nuage à l’horizon, a priori cette garce devrait me laisser tranquille non ? Et bien non, figurez vous que ni une, ni deux, hop un éclair dans ce ciel ultra bleu. Puis plus rien. Ce n’est pas bien méchant hein, juste un coup furtif qui traverse la face de gauche à droite et pouf le calme plat à nouveau. Limite si on se demande si on n’a pas rêvé… Là-dessus deux heures de trêves. Ensuite une espèce de bourdonnement, lancinant… Mais impossible à chasser. Là je suis en train de me dire que je ne vais pas y réchapper, mais un truc que vous appellerez comme vous voudrez, masochisme, croyance débile, perversité… Bref ce truc me fait encore tenir.
Non non et non je ne prendrai pas encore un médoc, j’en ai pris un hier. C’est là que ça commence à devenir sacrément sérieux. Ca tape tout doucement, à un rythme assez régulier. Je serais de bonne humeur que je te danserais un reggae là-dessus. Puis c’est de plus en plus fort. Pulsatile. Vous connaissez bien ce terme non ? Bon au début c’est ce qu’est : pulsatile.
Puis ça martèle toute la partie gauche. Chez moi c’est assez régulier. C’est le côté gauche. Ca aussi c’est au début, parce que très vite, je ne sais plus de quel côté j’ai mal ; la douleur diffuse partout. J’ai mal aux cheveux. C’est dire. Le moindre clignement d’yeux, pourtant un acte réflexe, me donne l’impression que quelqu’un m’a épilé les cils à la tronçonneuse et qu’il les a remplacé par des aiguilles électriques. Un autre m’enfonce un marteau piqueur mais je ne sais pas où exactement, parce que ma tête est un gros no man’s land dans lequel une armée de guerrilleros a pris le pouvoir et tout ce joyeux monde s’envoie des rafales de kalachnikov dans mes tempes. La question que je me pose à ce stade est : Vais-je réussi à atteindre les toilettes ou bien va-t-on me retrouver dans deux jours, étouffée par mon contenu stomacal, telle une pauvre junkie ayant trop abusé de sucre en poudre ?
En général, c’est à ce moment que je trouve le courage de me prendre un triptan et que je loue mon dieu, le seigneur Induste Rifarma… Sentir la migraine mourir à petits feux est une telle
jouissance, limite orgasmique, que je me demande si ce n’est pas pour cela que j’attends si longtemps pour me soulager.
N’avais-je pas prévenu tantôt qu’il est dangereux de venir me faire chier quand on est une migraine ? Bon alors cékiki est pulvérisée en moins de temps qu’il ne faut pour vomir ? Hein ?
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