Bonheur ?
Nous sommes souvent démunis face à la définition du bonheur. Raymond Radiguet avait dit : « Bonheur je t’ai reconnu au bruit que tu fis en partant ». Et il était bien placé pour le savoir le bougre puisque il s’en allé de vie à trépas au très supposé bel âge : 20 ans.
Et moi je dis que le bonheur c’est tout simplement de minuscules petits moments, mis côte à côte pour fabriquer une vie merveilleuse…
Aujourd’hui, jour de grève national, la seule école qui accueillait était celle de Petite Chipie, laquelle a néanmoins réussi l’exploit extraordinaire de rester dans mes jupes pour cause de température élevée et de « rhiniflements » intensifs. Personnellement, cela ne me gêne pas plus que ça. Ils n’ont pas encore attaqué l’équation de Schrödinger à 3 dimensions (c’est au programme après les vacances de Noël) et j’arrive à travailler, pendant qu’elle s’affaire à marier Wendy et Peter Pan (son époux, maman, son époux et il n’a pas intérêt à trouver une autre amoureuse)…
Courageuse mais pas téméraire pour deux sous, je n’ai pris aucun risque avec le Petit Prince. La dernière fois que j’avais eu une interview suuuuper importante et que j’avais pris soin de les coller tous deux devant un dvd acheté pour l’occasion (vous comprendrez aisément pourquoi je fais partie des happy fews qui ont la carte VIP - pour Viens Ici avec ton Pognon- One), le moustique a déboulé dans mon champs de vision en hurlant maaaaaaaaaaaaman à la seconde même où j’ai eu mon interlocuteur au bout du fil. Mais là n’est pas la question. Enfin si, un peu quand même.
Forte de mon expérience désastreuse, j’ai donc envoyé mon Petit Prince chez sa mamy (l’autre mamy, sinon j’aurais dit : ma maman, ma mère, l’autrice de mes jours, bref). Un peu cavalièrement je dois le dire, car je lui ai susurré au passage que je devais travailler et que sa présence était annoncée non grata par mon propre bulletin météo personnel.
La journée s’est plutôt bien passée, j’ai pu accoucher sans péridurale d’un pauvre article, donner un bain à la moitié de ma progéniture, lui préparer un dîner cétrodélissieumaman et même, miracle préparer un dîner pour nous deux. Qui a dit que fourrer des plats Picard dans mon Bosh n’était pas un vrai dîner ? Puis je me suis assise et j’ai attendu que rentre mon Petit Prince de son périple. Une boule d’angoisse, là au fond de mon estomac, dans l’attente de son retour et de la guerre qu’il va falloir engager pour une simple douche, pour le brossage de ses dents, pour qu’il aille au lit sans revenir une dizaine de centaines de fois : pas de repos, pas de répit, du dépit … J’ai attendu, là, assise sur le tabouret, à surfer sur Internet, rire des bêtises de mes copines (elles se reconnaîtront), jusqu’à cet instant fatidique où le son familier de la clé tournée dans la serrure m’a annoncé que les hommes rentraient.
Et là, mon Petit Prince a galopé (et tant pis pour Alfons, ça lui fera les pieds) pour se jeter dans mes bras en me tendant trois malheureuses marguerites fanées et en m’annonçant de sa petite voix encore enfantine : maman ce bouquet je l’ai cueilli rien que pour toi, pour te dire que c’est toi que j’aime, si tu savais à quel point je t’aime, tu ne pourrais même plus respirer…
Et toi mon Petit Prince, si le bonheur devait avoir un nom, elle porterait le tien !

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